LE TROUBLE DE L'ALIENATION PARENTALE

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LE «TROUBLE D'ALIENATION PARENTALE» :


UNE MALADIE MENTALE COMME LES AUTRES ? ( VERSION REMANIEE )


-Il ne suffit pas d'avoir raison pour être crédible

-Il ne suffit pas d'avoir raison pour être efficace


PREAMBULE : Ces réflexions émanent d'échanges très fructueux «au sommet» au sein d'un groupe de réflexion international (américains et surtout européens ) de professionnels hautement concernés par la question des dommages causés aux enfants et à certains parents suite aux séparations parentales très conflictuelles.

 



 



Ces échanges ont eu lieu à Florence du 1° au 5 avril 2009 entre les professionnels cités ci-dessous, en marge d'un congrès à venir, sur l'évenutuelle inscription du trouble d'aliénation parentale dans le futur DSM 5 en 2010.L'organisateur de ce congrès s'appelle William BERNET .

(professeur au «department of psychiatry, Vanderbilt University School of Medecine, Nashville Tennessee, USA»).Il était professionnellement très proche de Richard Gardner (récemment décédé), le fondateur du concept de Syndrôme d 'Aliénation parentale.

La journée du 3 avril fut consacrée à un débat présidé par W. Bernet sur cette question spécifique de l'inscription du fameux «syndrome» au DSM 5.

William Bernet était demandeur de nos avis et suggestions sur cette question.


( Note importante : Dores et déjà , notamment dans l'article écrit par William Bernet dans «American journal of Family Therapy, 36:349-366, 2008, la dénomination «Parental Alienation Syndrom» est remplacée par «Parental Alienation DISORDER» . Le P.A.S. est donc désormais remplaçé par le P.A.D)


Quelques extrats de l'article de W. Bernet :

 

PARENTAL ALIENATION DISORDER AND DSM -V


Je ne ferai ici que reproduire quelques extraits de cet aticle sur lesquels il me paraît important de rebondir pour élargir et enrichir le débat sur cette délicate question de la pertinence et de l'utilité du concept d' Aliénation parentale.



LES CRITERES


( P. 350 , traduction personnelle). Les critères primordiaux du P.A.D.concernent les attitudes et comportements de l'enfant. En l'occurence , l'enfant a la fausse croyance que que le parent aliéné est une persone dangereuse qui doit être écartée. Dans cet article,le mot «aliénation» se réfère à cette fausse croyance (que cette fausse croyance soit amenée par le parent aliénant ou par d'autres circonstances) Tel est le cas de l'enfant qui essaie d'éviter d'être «pris» entre des parents en guerre en se laisant attirer par un «côté» et en rejettant l'autre côté.

Le terme général de «refus du droit de visite» vise le comportement de l'enfant ou de l'adolescent qui évite résolument le contact avec un de ses parents.


LE REFUS DU DROIT DE VISITE EST SIMPLEMENT «UN» SYMPTOME QUI PEUT AVOIR UN CERTAIN NOMBRE DE CAUSES POSSIBLES, L'UNE D'ELLES ETANT LE P.A.D.

Cette terminologie peut se rapprocher du smptome de «refus d'aller à l'école» qui est un simple symptome qui peut avoir un certain nombre de causes possibles....


CRITERES DE DETECTION DU TROUBLE D'ALIéNATION PARENTALE


(W. BERNET)


  1. L’enfant, de parents engagé dans un divorce hostile, s’allie puissamment avec l’un des parents et rejette toute relation avec l’autre, parent dès lors aliéné sans justification légitime. L’enfant résiste à ou rejette tout contact, tout droit de visite, toute éducation venant de ou avec le parent aliéné.

  2. L’enfant manifeste les comportements suivants :

    • Campagne de rejet ou propos dénigrants persistants à l’égard du parent aliéné

    • Rationalisation absurde, motifs dérisoires pour exprimer les critiques à l’égard du parent rejeté.

  3. L’enfant manifeste deux des six attitudes et comportements ci-après :

    • absence d’ambivalence

    • phénomène de l’«opinion propre» ou «penseur indépendant»

    • réflexe de prise de position pour un parent contre l’autre

    • absence de sentiment de culpabilité vis-à-vis du parent rejeté

    • adoption de scénarios empruntés

    • extension de l’hostilité à toute la famille et l’entourage du parent rejeté

  4. Durée du trouble d’au moins deux mois.

  5. Le trouble a des conséquences chez l’enfant, telles une réelle détresse , une incapacité à fonctionner dans un cadre psychosocial, académique ou autre.

  6. Le refus de l’enfant à avoir des contacts avec le parent rejeté sans justification légitime (tenant compte du fait que l’aliénation parentale ne peut être diagnostiquée si le parent aliéné a maltraité l’enfant.)



...( p; 350) .Par exemple, le terme d'aliénation parentale devrait s'inscrire à l'intérieur du diagnostic différentiel des troubles liés (chez l'enfant) à l'angoisse de séparation ou d'abandon qui peut se manfester par une peur de quitter un des parents avec qui il se trouve.

L'aliénation parentale aussi être mentionnée dans le diagnostic différentiel des troubles d' «opposition» du fait que ces deux «troubles» peuvent se manifester par un refus résolu de répondre aux attentes légitimes d'un parent.

A l'avenir, on peut raisonnablement attendre qu'au minimum l'aliénation parentale soit mentionnée dans la discussion sur le DSM-V dans le cadre de l'ensemble des troubles relationnels affectant les enfants.Par exemple, si le DSM-V détermine un code pour définir les troubles relationnels parents-enfants, l'aliénation parentale devrait être mentionnée comme exemple.



PAD : UN TROUBLE «RELATIONNEL»


( p. 351 ) Les troubles relationnels sont pris en considération pour le DSM-V. Le PAD est un exemple typique d'un trouble relationnel parce qu'il implique habituellement les interactions entre un enfant et ses deux parents....PAD peut être considéré comme un trouble relationnel complexe dans lequel deux parents ont une relation hautement conflictuelle et l'enfant une relation pathologiquement fusionnelle avec le parent préféré et une peur non fondée vis à vis du parent aliéné. DE PLUS, LES TROIS PARTIES contribuent de quelque façon au résultat final de la fausse croyance de l'enfant.

....Le PAD résulte de la combinaison de l'endoctrinement d'un parent de l'enfant et de la propre contribution de celui-ci à la diabolisation du parent-cible . Quand un vrai abus ou négligence du parent-cible sont présents, l'anmosité de l'enfant peut être justifiée.


VALIDITE DU CONCEPT


(En dehors de la convergence des nombreuses recherches sur la description des symptômes du PAD par des chercheurs totalement indépendants l'un de l'autre), il y a aussi des recherches importantes sur les processus par lesquels des enfants construisent des fausses croyances et des faux souvenirs.(p.355)... études sur la mémoire, la suggestibilité, les influences sociales et les influences coercitives qui démontrent que les enfants peuvent accepter et répéter comme une vérité des suggestions «implantées» dans le cerveau de l'enfant par l'adulte.


«REALITE» DU PHENOMENE PAD (PAGE 357)


Un passage en revue minutieux de la littérature scientifique indique qu'à l'exception de deux ou trois auteurs qui rejettent catégoriquement les conceptions de Richard Gardner, il y a plus de concensus sur le sujet parmis les professionnels expérimentés qu'il n'y a de désaccord.

Le consensus porte essentiellement sur :

- PAD est une entité réelle.Cela signifie qu'il y a réellement des enfants et adolescents qui s'embarquent dans une campagne persistante de dénigrement contre un des parents et refusent catégoriquement tout contact avec ce parent; et que l'intensité de la campagne et le refus est totalement hors de proportion avec tout ce que le parent «aliéné» a pu faire.

- Il y a plusieurs causes possibles au refus du droit de visite et le PAD est seulement l'une d'elle.

- Le PAD n'est pas le diagnostic correct quand le refus de l'enfant est causé par la maltraitance ou un problème comportemental sérieux du parent «aliéné» .



LES OBJECTIONS AU CONCEPT PAD.


La proposition de validité du concept ne devrait pas être rejeté simplement à cause d'un débat contradictoire vieux de vingt ans à propos du concept lui-même, de sa terminologie et des critères diagnostic.Il ne manque pas de controverse concernant les conditions qui seraient tout à fait prévalentes dans le DSM.


Par exemple :


Est-ce que le «dissociative identity desorder» est une réelle maladie mentale ou est-elle iatrogénique?

Est-ce que le «posttraumatic stress desorder» est une maladie mentale réelle ou un syndrôme lié à un contexte environnemental?

Est-ce que une personnalité anti-sociale a plus de «réalité» que la psychopathie?

Il existe un énorme débat parmis les psychiatres d'enfants et d'adolescents quand à la définition exacte des troubles bipolaires chez l'enfant.il en est de même pour la schizophrénie (est-elle causée par des parents «double binding» ou par une cause génétique et environnementale). Est-ce que l'autisme est causé par une mère narcissique ou par des causes immunitaires, ou quelque chose d'autre?

Si le PAD est inclus dans le DSM V il va probablement réduire les controverses concernant l'aliénation parentale.


EN CONSEQUENCE LA CONTROVERSE NE DEVRAIT PAS EMPECHER UN CONCEPT DE FIGURER DANS LE DSM.


Au minimum le fait de rendre au PAD un caractère officiel devrait réduire le conflit autour de la terminologie, donnera des critères systématiques pour le diagnostic et permettra aux chercheurs d'étudier le phénomène d'une manière rationnelle.


NB : ce qui importe réellement est juste de savoir si le PAD est un phénomène ou une entité réelle .

Le fait que la possibilité existe que certains professionnels fassent parfois un mauvais usage du diagnostic ne devrait pas empêcher l'officialisation de ce concept.


A PROPOS DU TRAITEMENT DU PAD.


Les enfants concernés par le PAD devraient pouvoir bénéficier d'un traitement adéquat et rapide.

Même s'il existe des désaccords à propos de la manière de conduire cette thérapie, presque tous les professionnels de la santé mentale sont d'accord sur le fait qu'un des buts du traitement pour l'enfant est d'avoir une relation confortable, saine et mutuellement satisfaisante avec ses deux parents.


....


(PAGE 360)


Si le PAD a atteint un degré d'intensité grave, LES FORMES TRADITIONELLES DE THERAPIE NE SONT EN GENERAL PAS EFFICACES.

Avec le temps qui passe, les enfants atteints de PAD deviennent de plus en plus intraitables dans leurs fausses croyances et leur état mental ressemble à ceux des individus atteints de «dilusional desorder» (troubles de rapport avec la réalité).




MES COMMENTAIRES EXPRIMES A W. BERNET LE 3 AVRIL


Le professeur Bernet ayant sollicité nos avis et suggestions, voici ce que personnellement j'ai exprimé et que je développe ci-dessous:



A PROPOS DES «TROUBLES RELATIONNELS»


Il existe en effet des troubles qui n'existent qu'en relation avec une personne ou un évènement extérieur, tel le stess post traumatique, le syndrome de Stockholm (attachement affectif et éventuellement sexuel au ravisseur dans un rapt) et d'autres encore.


Mais, concernant le PAD, les relations impliquées dans la pathologie sont encore plus complexes que dans les exemples de syndrômes précités:


Ici le trouble relationnel implique non pas deux mais au MINIMUM trois personnes (l'enfant et ses deux parents) à quoi il faut très souvent ajouter : le «clan» familial ,l'entourage proche...et les intervenants psycho-sociaux et juridiques qui peuvent chacun à leur manière compliquer et amplifier la pathologie relationnelle initiale.


Dans une optique systémique, dans laquelle chaque élément du système a une action sur chaque autre élément , dans une dynamique d'action-réaction cybernétique, les intéractions pathologiques ou pathogènes peuvent progressivement ou rapdement devenir explosives et ingérables.


Même si l'on choisit de ne considérer QUE le système restreint mère-père-enfant, il sera souvent très difficile pour un intervenant judiciaire, même compétent et éclairé d'indiquer de manière indiscutable qui est le premier moteur du trouble PAD:


-le parent «proche» qui délibérément ou non «capte» l'enfant et l'entraîne dans une campagne de dénigrement systématique et injutifié de l'autre parent ?


-ou l'enfant lui-même qui aurait à la séparation souffert personnellement d'un sentiment d'abandon, de trahison, de confusion, vague émotionnelle sur laquelle le parent proche aurait, consciemment ou non surfé allègrement ?


-ou le parent rejetté qui ,par ses lacunes, maladresses ou comportements réactifs inadéquats, donne de lui l'image ( souvent faussement) «objective» d'un parent inadéquat et même potentiellement dangereux pour les enfants ?


DEVANT LES TRIBUNAUX


Ce genre de situation portée devant les tribunaux déclenchera souvent une guerre judiciaire où une «partie» soutiendra mordicus que c'est la poule qui a engendré l'oeuf, et l'autre partie que c'est l'oeuf qui a engendré la poule.



LE DENI


Tout ceci sans compter que le parent qui se voit affubler de l'étiquette infamante de parent «aliénant» qui rend son enfant «aliéné» se sent presque toujours outré d'être qualifié de telle façon , indignation toujours relayée et amplifiée par les enfants qui face à ce jugement «injuste» renforcent leur soutien au parent «aliénant» .Vis a vis de l'autre parent , ils peuvent passer du rejet à la rage destructrice qui peut entraîner la Justice elle-même qui sera elle aussi coupable d'une grave «injustice» vis à vis d'un parent tellement bon qui ne fait que suivre leur «légitime volonté» d'enfant .


Le déni par rapport à cette pathologie est très souvent partagée par les professionnels (avocats, juges, et surtout par les psy, très mal à l'aise quand il s'impose de sortir de leur neutralité bienveillante ) qui face à un déferlement d'émotions et de justifications contradictoires et exacerbées, ont habituellement un réflexe de «fuite» qui consiste le plus souvent , de guerre lasse, quand le rejet parental s'est bien cimenté et paraît irréversible, à décréter que personne (ou tout le monde) n'est vraiment responsable et, impuissants, renvoyer chacun dos à dos,ce qui a pour résultat de conforter le parent «aliénant» et l'enfant d'avoir fait un énorme pied de nez à l'autre parent et à la Justice, et d'enfoncer le parent écarté dans divers états pathologiques : celui-ci se sent injustement lâché par tout le monde, enfants et Justice compris, et développe des comportements dépressifs ou paranoïdes .L'alcoolisme réactionnel, la perte d'emploi, la clochardisation et le suicide ne sont pas rares dans ce type de situation.



PISTES SUGGEREES A W. BERNET 

Manifestement intéressé par les réflexions exprimées ci-desus, W. Bernet demande comment j'aborderais les choses pour éviter tant que faire se peut ces écueils.


LE CONCEPT DE ( RISQUE DE ) PERTE DU LIEN PARENTAL 



Il me paraît contre indiqué et contre productif AU DEPART de toute démarche (avocat, police, juge) de mentionner le PAD comme diagnostic probable, ce qui ne manquerait pas de provoquer le déni indigné et parfois violent de la personne visée, fermant ainsi la porte à toute éventuelle possibilité de collaboration de sa part ( surtout si le PAD supposé est léger ou modéré).


Sans du tout nier ni minimiser la possibilité d'occurence du PAD, il me paraît plus adéquat, et surtout plus efficace , face à un parent «gardien» de partir de FAITS INCONTESTABLES,signes d'une situation au minimum problématique, au pire dangereuse pour l'enfant plutôt que de partir d'un DIAGNOSTIC , même seulement supposé.


CHEZ L'ENFANT,


    Les faits incontestables en question seront en particulier

  • - le laps de temps que l'enfant a passé sans voir l'autre parent quelles que soient les justifications données

  • le manque de respect flagrant et injustifié, le dénigrement grosssièr ou insultant de l'enfant vis à vis du parent visé.

  • Viennent ensuite les autres critèrs cités plus haut par W. Bernet, par ordre décroissant.

  • NB : j'émets personnellement une réserve à la présentation du critère de l'enfant «penseur indépendant» comme critère d'aliénation parentale, car le fait de rejetter la sincérité et l'autonomie de l'enfant 1° n'est pas toujours justifié, 2° renforce l'indignation de l'enfant qui constate qu'on refuse de le croire.

  • A ce propos, je dirais plutôt : «le fait que l'enfant dénie fortement être manipulé par un parent est généralement sans signification, et la virulence de son déni est souvent proportionnel à l'intensité de son lavage de cerveau.»


CHEZ LE PARENT

-Le dénigrement , des reproches virulents , injustifiés ou manifestement disproportionnés, des jugements grossiers et non pertinents par rapport au rôle de parent de l'autre, l'expression d'une haine incontôlable ou plus simplement l'affirmation ouverte qu'il fera tout pour respecter la non volonté des enfants de le revoir.


-Le fait de saboter toute tentative de retissage des liens entre ses enfants et l'autre

  •  

      parent ( même si ce parent affirme vouloir persuader ses enfants de le faire )

      Ainsi que d'autres comportements signifiant le refus de co-parentalité (refus de communiquer les informations concernant les enfants , refus de toute collaboration vis à vis des enfants etc..)

    •  

DEUX REMARQUES IMPORTANTES


  1. Je suis d'avis ,pour les raisons exprimées plus haut de ne mentionner le terme de P.A.D. QUE dans sa forme grave, flagrante.

  2. de ne pas lier AUTOMATIQUEMENT le diagnostic d'enfant aliéné au diagnostic de parent aliénant. En effet, il existe des cas (rares) où un enfant présentant un comportement réellement aliéné ne subisse pas de manpulation flagrante du parent proche; l'enfant peut s'ériger lui-même comme défenseur ou protecteur ou justicier du parent proche qu'il ressent comme victime, surtout si ce parent est réellement fragilisé ou dépressif.

    A l'inverse, il existe des parents qui ont une réelle volonté d'aliéner les enfants contre l'autre parent mais qui n'y arrivent pas ou qui y arrivent avec l'un et pas avec l' (les) autre(s).

    -dans d'autres cas, un parent dit aliénant peut avoir de réelles difficultés à exercer son autorité et laisse les enfants prendre une position de «pleins pouvoirs», y compris vis à vis de lui-même.

Au niveau des intervenants, cette distinction est très importante à établir.


-En effet, si les enfants sont manifestement «aliénés», qu'ils soient volontairement manipulés ou non, leur comportement EST problématique, très souvent symptomatique d'un déséquilibre ou souffrance et doit nécessiter un examen et probablement une intervention (suivi, guidance,expertise..) adéquate et rapide. Dans ce cas, l'intervention sera en tous cas d'ordre psycho-sociale essentiellement avec , si nécesaire un encadrement juridique.


-Si par contre le comportement aliénant du parent proche est avéré, ce sera plutôt une intervention judiciaire et rapide qui s'imposera, avec éventuellemet, parallèlement une interventon psycho-sociale pour les enfants et les parents.


2) LES PREMIERS INTERVENANTS : DEMARCHE «SOCRATIQUE»


Dès les premiers contacts avec le système judiciaire, le(s) premiers intervenants seraient invités à développer un questionnement simple qui ne nécessite pas nécessairement d'être psychologue ou philosophe , par exemple :


« depuis combien de temps votre enfant n'a-t-il plus vu l'autre parent ?»

« Trouvez-vou cette situation , normale, souhaitable ?»

«trouvez-vous qu'un enfant en général et le votre en particulier a besoin d'un père et d'une mère pour sépanouir ?»

«Quelles étaient les relations de votre enfant avec l'autre parent avant la séparation?»

Si le parent se réfugie derrière la non-volonté de l'enfant pour justifier la non présentation d'enfants :

« Comment réagiriez-vous si un jour votre enfant déclare qu'il n'a plus envie d'aller à l'école ?»

ETC...

Pour finir par la question:

«Même si votre ex-conjoint a tous les défauts que vous décrivez, êtes vous prêt, à votre niveau, à faire ce qui est en votre pouvoir ( d'autant plus si vous avez un contact et une influence forte sur votre enfant) pour encourager - voire dans un premier temps exercer fortement votre autorité – votre enfant à renouer le contact avec son autre parent ?


3) GUIDANCE PARENTALE


A partir de là, l'intervenant (la police par exemple)peut relayer son intervention de différentes manière (parquet, ,SAJ, médiation ( dans les situations «légères») ou donner un délai très court pour que le parent gardien garantisse un retour immédiat à la situation normale (avec un contrôle à la clef), en terme d'hébergement essentiellement,


-Par la suite, plusieurs pistes sont possibles : par exemple, soit volontairement ou sous mandat judiciaire, entreprendre une «Guidance parentale»avec rapport au juge à la clef.


Si un PAD grave apparaît , celui-ci se manifestera rapidement par la non collaboration ou le sabotage dans les faits du parent aliénant même si en paroles celui-ci affiche son désir théorique que la situation se normalise.

Si cette situation de blocage perdure au delà d'un temps raisonnable, l'intervenant fera un rappport au juge (anticipé s'il le faut) signalant le danger psychologique dans lequel se trouve l'enfant .

Au Juge alors de prendre ses responsabilités.

Les parents doivent savoir dès le départ qu'en cas de non colaboraton ou de sabotage manifeste du processus, il y AURA des sanctions qui peuvent aller de l'astreinte , au renversement de la garde, voire un placement (le plus souvent provisoire) de l'enfant.

Tout cela évidemment en ayant soigneusement vérifié que le rejet des enfants n'est motivé par aucun motif sérieux ou grave de la part du parent rejetté.


PS: A propos de la démarche précitée, W Bernet m'a demandé comment on qualifiait cette démarche.

Je lui ai répondu qu'en Belgique, je fais partie d'un groupe pluridisciplinaire d'enquête et de recherche-action composé d 'un magistrat du Parquet, de deux avocates médiatrices et de moi-meme (psy, médiateur et expert).

Nous avons intrviewé successivement , sur un espace de 6 mois des représentants de 7 groupes professionnels concernés par les séparations parentales conflictuelles.


Nous avons (provisoirement ?) intitulé ce groupe P.L.P : «Perte (ou risque de perte) du Lien Parental.

W. Bernet a réagi en disant que cela lui paraissait en effet « a broader and less contreversial concept than PAD» comme mode d'approche du problème.


LES FORMES MINEURES DE PAD


Il va de soi que dans cette logique le concept de PAD ne devrait être prononcé que dans le cas de PAD grave quand ce trouble peut être assimilé à une maltraitance psychologique de l'enfant, ou en utilisant aussi le concept de parent «toxique».


Dans les autres cas, accuser un parent de «parent gravement aliénant» sans avoir les moyens de le prouver et qui ne sera pas suivi de conséquences a toutes les chances de provoquer l'effet inverse de celui souhaité.


LES AVOCATS COLLABORATIFS


Récemment, l'ordre des avocats de Bruxelles a élaboré une Charte et organisé une formation pour avocats acceptant de travailler dans un optique qui encourage les clients à fonctionner dans une logique de collaboration plutôt que de confrontation.

Si deux avocats «adversaires» fonctionnent dans cette logique, les chances d'aboutissement positif d'une guidance parentale en seront fortement augmentées.


EXPERTISE «ENCADREE»


Dans un autre groupe de discussion à Florence, sans W. Bernet, j'ai aussi mentionné l'expérience en cours , d'une expertise qui comporte quelque caractéristiques particulières:

Avant de commencer l'expertise, j'envoie aux parents et conseils un mail affirmant que je n'accepte de fonctionner que dans une optique de respect du principe de co-parentalité et que donc, je m'attend à ce que les parents, soutenus par leurs conseils recherchent les moyens de fonctionner dans un esprit de collaboration parentale, quelle que soit l'intensit é de différents qu'ils ont eus ou ont encore en tant que couple.
Je stipule que le juge cautionne pleinement cette optique de travail.

Je signale qu'après chaque intervention de ma part,auprès des enfants et parents,individuelleemnt ou séparément, j'enverrai systématiquement un bref compte rendu par mail à chaque personne concernée,Juge compris.

Chacun, adolescent compris , peut réagir par mail à ces compte-rendus par retour de mail.

Si je l'estime nécessaire, je peux interpeller le juge par un rapport intemédiaire, si par exemple j'estime la situation bloquée.

Les quelques expériences de ce type qui ont eu lieu paraissent prometteuses.


Benoît Van Dieren


NOTE :


Etaient présents à cette réunion


W. BERNET Psychiatre USA cité plus haut

Christian DUM, Psychiatre USA

Wilfried BOCH, Psychiatre Allemagne

Olga ODINETZ, Présidente-fondatrice de l'association ACCALPA France (cf lien sur ce site)

Eduard BAKALAR, Pychiatre professeur Tchequie

Ursula KODJOE, Psychologue expert,Allemagne - participante au modèle de COCHEM (voir lien sur ce site)

Niels ARESKONG, Psychologue Suede.

Anja HANNUNIEMI Psychologue Finlande.

Paul BENSOUSSAN, Pédopsychiatre expert France